On devient doula pour plein de raisons
Parfois parce que tu as vécu une naissance qui a révolutionné ta vision, ouvert le monde des possibles... ou à l'inverse, tu as vécu quelque chose de difficile, tu te dis « si j'avais eu une doula » ...
Et quoi qu'il en soit, tu as réalisé que la naissance est plus contrôlée que vécue, nos corps monitorés, comme des machines à optimiser.
Que les suivis de grossesse stressent plus qu'ils ne rassurent, norment plus qu'ils n'accueillent nos besoins.
Tu ressens au fond de toi, le malaise de voir la naissance confisquée, protocolisée, déshumanisée.
Tu sais que ça pourrait se passer autrement.
Qu'enfanter devrait rimer avec autonomie plutôt que coercition.
Avec soutien plutôt qu’isolement.
Pouvoir plutôt que contrôle.
Tu veux faire partie de la solution.
.png)
Pas une naissance à la fois, chacun·e dans son coin...
Ensemble, en gang, engagé·es.
Tu veux contribuer à changer la donne.
Pas demain. Maintenant.
Soutenir des parents, à embrasser cette aventure dans l'autonomie et le pouvoir.
Et tant qu'à dédier ton énergie à soutenir des familles en devenir, tu veux construire une pratique qui te fait vivre.
Pas un hobby mal payé. Un vrai métier, viable, durable.
Car au delà du care, accompagner est un acte de résistance qui doit s'inscrire dans la durée.
Si ça résonne avec toi, alors tu es à la bonne place !
Sur les réseaux sociaux, être doula,
ça a l'air fun, doux, magique…
Mais ici, on ne va pas se bullshiter.
Hors caméra, c’est accompagner l’intime, l’imprévisible et parfois l’indicible.
Voici pourquoi être doula en 2026, c’est bien plus qu'aider à gérer la douleur.

Scène 1 - À l'hôpital
Un·edoula fraîchement formée arrive pour son tout premier accompagnement.
L'excitation monte, c'est le moment tant attendu. Elle est prête.
Sur place, elle découvre une équipe très interventionniste qui l'ignore quand elle parle et semble en résistance face à sa présence. Et des parents au regard perdu, dépassés par l'intensité.
"Mettez-vous sur le dos", ordonne le médecin. La personne enfantante s'exécute, alors même qu'elle avait inscrit dans son plan de naissance son souhait d'une poussée physiologique
.
Malgré ses connaissances, la doula se sent impuissante face aux interventions qui s'enchaînent.
Est-ce que sa formation offrait des ateliers pratique à ce sujet ? Malheureusement non.
Pourtant ça prend des stratégies pour bien désamorcer des situations coercitives.

Scène 2 — Le trauma
Une femme, personne sexisée sur trois a vécu des violences sexuelles.
L'accouchement est propice aux reviviscences et peut réveiller des traumas.
Un examen vaginal, une odeur, un geste brusque; autant de choses qui peuvent déclencher un état dissociatif.
La doula voit saon client⸱e se figer, le regard vide, le corps ailleurs.
La doula cherche dans sa tête ce qu'iel a appris pour ces cas là… Mais rien ne vient.
Parce que ça prend des connaissances et des outils trauma-informés. Et ce n’est pas ce que l’on retrouve dans toutes les formations.

Scène 3 — La désillusion
La doula arrive à un accouchement à la maison. C'est excitant et avec les sages-femmes, elle se sent en terrain sûr.
Alors que la personne enfantante avait demandé un accouchement hands-off, au moment de la poussée, la sage-femme entame les mêmes gestes qu'à l'hôpital : doigts dans le vagin pour "aider" la rotation de l'épaule, traction sur la tête du bébé…
La doula communique.
La sage-femme ignore.
La mère finit par hurler.
C'est la désillusion. La violence obstétricale peut être partout, même là où on ne l'attend pas. En rentrant chez elle, la doula s'effondre et pleure.
Ça prend des ressources pour se protéger et prendre son propre état émotionnel.

